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Comment expliquer un aménagement nécessaire sans que cela soit un frein au recrutement ?

Employabilité
Le 18/02/2026 par Mathilde Murzeau
Clock4 min
Le conseil intro

Avoir besoin d’un aménagement de poste ne remet ni vos compétences ni votre motivation en question. Pourtant, beaucoup de candidats redoutent ce moment précis : expliquer un besoin spécifique sans que le recruteur ne voie plus que ça. La bonne nouvelle, c’est qu’un aménagement bien expliqué peut au contraire rassurer. À condition de savoir comment, quand et avec quels mots en parler.

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Sommaire

1. Changer de point de vue : un aménagement n’est pas un problème
2. Choisir le bon moment pour en parler
3. Rester factuel et concret
4. Lier systématiquement l’aménagement à la performance
5. Anticiper les craintes du recruteur
6. S’appuyer sur la RQTH si vous en avez une
7. Préparer une version courte de votre discours
8. Conclusion
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1. Changer de point de vue : un aménagement n’est pas un problème

Premier réflexe à adopter : sortir de l’idée que demander un aménagement serait une contrainte pour l’entreprise.
Un aménagement, c’est :

  • un outil d’efficacité,

  • un moyen de sécuriser votre performance dans la durée,

  • une solution concrète à un besoin identifié.

Si vous le présentez comme un problème, le recruteur le percevra comme tel. Si vous le présentez comme une solution, le regard change immédiatement.

2. Choisir le bon moment pour en parler

Il n’y a pas d’obligation à aborder le sujet dès la candidature. Dans la majorité des cas, le moment le plus confortable est :

  • en entretien, une fois vos compétences posées,

  • ou après une première validation de profil.

L’idée est simple : d’abord montrer ce que vous savez faire, ensuite expliquer dans quelles conditions vous le faites le mieux.

Conseil Coline : si le recruteur est déjà convaincu par votre profil, il écoutera votre besoin différemment.

3. Rester factuel et concret

L’erreur la plus fréquente est de trop se justifier ou d’entrer dans le détail médical. Ce n’est ni nécessaire ni utile.

Préférez une formulation :

  • courte,

  • claire,

  • orientée organisation du travail.

Exemple :
“Pour être pleinement efficace sur ce poste, j’ai besoin de télétravailler deux jours par semaine.”

Vous expliquez le besoin, pas son origine médicale.

4. Lier systématiquement l’aménagement à la performance

Un aménagement n’est jamais une fin en soi. Il a un objectif : vous permettre de bien faire votre travail.

Exemples :

  • “Ces horaires me permettent d’être plus concentré·e sur mes missions.

  • “Ce matériel m’évite des douleurs et me permet de travailler dans de bonnes conditions toute la journée.”

  • “Le télétravail limite la fatigue liée aux transports et améliore ma productivité.”

Vous parlez performance, pas santé. C’est un langage que les recruteurs comprennent très bien.

5. Anticiper les craintes du recruteur

Même bien intentionné, un recruteur peut avoir des questions implicites :

  • Est-ce compliqué à mettre en place ?

  • Est-ce coûteux ?

  • Est-ce que ça va désorganiser l’équipe ?

Vous pouvez rassurer en amont :

  • “Ce sont des aménagements déjà utilisés dans beaucoup d’entreprises.”

  • “Ils sont compatibles avec le fonctionnement de l’équipe.”

  • “Des aides existent pour accompagner l’entreprise si besoin.”

Montrer que vous avez réfléchi à l’impact collectif est souvent très rassurant.

6. S’appuyer sur la RQTH si vous en avez une

Si vous êtes reconnu·e RQTH, vous pouvez l’évoquer comme un cadre facilitateur, pas comme une étiquette.

Exemple :
“Je bénéficie d’une RQTH, ce qui permet de cadrer officiellement ces aménagements et d’accompagner l’entreprise dans leur mise en place.”

Cela montre que vous êtes informé·e, structuré·e et dans une démarche constructive.

7. Préparer une version courte de votre discours

En entretien, le stress peut faire déraper les explications. Préparer une phrase “clé” permet de rester à l’aise.

Exemple de structure simple :

  • mon besoin,

  • son impact positif,

  • ma capacité à m’investir pleinement.

“J’ai besoin de X, cela me permet de Y, et je suis ainsi pleinement opérationnel·le sur mes missions.”

8. Les erreurs à éviter

  • S’excuser (“Désolé·e, j’ai besoin de…”).

  • Se justifier longuement.

  • Donner trop d’informations personnelles.

  • Attendre trop longtemps alors que l’aménagement est indispensable.

Un besoin clairement exprimé est plus rassurant qu’un besoin caché.

Conclusion

Expliquer un aménagement nécessaire n’est pas un frein au recrutement quand il est présenté comme un levier de performance et de stabilité. Le tout est de choisir le bon moment, d’utiliser un langage professionnel et de garder le contrôle du récit.

Conseil clé : vous ne demandez pas un privilège, vous posez les conditions pour travailler efficacement et durablement.

Et si vous souhaitez candidater auprès d’entreprises déjà sensibilisées à ces sujets, sans avoir à convaincre à chaque entretien, les Vitrines Coline sont là pour ça : des employeurs qui savent que l’inclusion passe aussi par des aménagements bien compris et bien utilisés.

Le 18/02/2026

À propos de l'auteur

Mathilde Murzeau

Journaliste spécialisée dans les questions de handicap invisible et d'inclusion professionnelle. Passionnée par les récits humains, elle donne la parole à ceux qui transforment le monde du travail par leur parcours unique.

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