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Comment se protéger face au validisme ou aux micro-agressions en entreprise ?

Sensibilisation
Le 03/02/2026 par Mathilde Murzeau
Clock4 min
Le conseil intro

Ce n’est pas toujours une remarque frontalement discriminante. Parfois, c’est une phrase lâchée à la machine à café, un soupir, un “tu as de la chance de pouvoir télétravailler” ou un “mais tu n’as pas l’air handicapé”. Pris séparément, ces propos peuvent sembler anodins. Mis bout à bout, ils épuisent. On appelle ça le validisme et les micro-agressions. Et non, ce n’est pas “être trop sensible”. Alors, comment s’en protéger au travail sans s’isoler ni passer pour la personne compliquée de service ?

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Sommaire

1. Comprendre ce qu’est le validisme
2. Reconnaître les micro-agressions pour mieux les désamorcer
3. Choisir quand et comment réagir
4. Avoir des phrases “tampons” prêtes à l’emploi
5. S’appuyer sur des alliés internes
6. Documenter quand les micro-agressions se répètent
7. Poser un cadre professionnel
8. Prendre soin de soi en dehors du travail
9. Quand faut-il aller plus loin ?
10. Conclusion
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1. Comprendre ce qu’est le validisme

Le validisme, c’est l’ensemble des comportements, paroles ou décisions qui partent du principe que la norme est d’être en bonne santé, valide, disponible en permanence.

En entreprise, cela peut prendre la forme de :

  • doutes sur vos compétences à cause de votre fatigue,

  • remarques sur vos aménagements perçus comme des privilèges,

  • minimisation de votre situation (“tout le monde est fatigué”).

Comprendre ces mécanismes permet déjà de prendre du recul. Le problème ne vient pas de vous, mais d’un cadre de pensée encore très répandu.

2. Reconnaître les micro-agressions pour mieux les désamorcer

Une micro-agression n’est pas toujours intentionnelle. Mais elle a un impact réel.
Quelques exemples fréquents :

  • “Tu es sûr·e que tu ne pourrais pas faire un effort ?”

  • “Moi aussi j’aimerais bien avoir des horaires aménagés.”

  • “On ne voit pas ton handicap.”

Les reconnaître permet de sortir du flou et d’éviter l’auto-culpabilisation. Non, vous n’exagérez pas.

3. Choisir quand et comment réagir

Vous n’êtes pas obligé·e de répondre à tout, tout le temps. Se protéger, c’est aussi choisir ses batailles.

Trois options possibles selon votre énergie et le contexte :

  • Répondre calmement pour recadrer.

  • Faire une remarque factuelle sans se justifier.

  • Ne pas répondre sur le moment et en parler plus tard à une personne ressource.

Se protéger, ce n’est pas être passif·ve. C’est préserver son énergie.

4. Avoir des phrases “tampons” prêtes à l’emploi

Préparer quelques réponses simples permet de ne pas rester démuni·e sur le moment.
Exemples :

  • “Ces aménagements me permettent de faire mon travail correctement.”

  • “On ne vit pas tous la fatigue de la même façon.”

  • “Ce sujet relève de ma santé, mais je reste concentré·e sur mes missions.”

L’objectif n’est pas de convaincre, mais de poser une limite claire.

5. S’appuyer sur des alliés internes

Face au validisme, rester seul·e est souvent ce qui fatigue le plus. Identifiez des relais :

  • référent handicap,

  • RH,

  • CSE,

  • manager de confiance,

  • collègues sensibilisé·es.

Parler de ce que vous vivez permet de sortir de l’isolement et de rendre visibles des comportements banalisés.

6. Documenter quand les micro-agressions se répètent

Quand les remarques deviennent récurrentes ou ont un impact sur votre travail, il est important de garder des traces :

  • notes personnelles avec dates et propos,

  • mails ou messages,

  • changements de comportement suite à vos aménagements.

Cela ne veut pas dire engager un conflit immédiatement, mais se protéger si la situation s’aggrave.

7. Poser un cadre professionnel

Rappeler le cadre ne signifie pas se justifier.
Exemple :
“Les aménagements ont été validés avec les RH et le médecin du travail. Ils me permettent d’assurer mes missions dans de bonnes conditions.”

Vous ramenez la discussion sur le terrain professionnel, pas personnel.

8. Prendre soin de soi en dehors du travail

Le validisme et les micro-agressions usent sur le long terme. Se protéger, c’est aussi :

  • décharger ce que vous vivez avec des proches ou un pair,

  • rejoindre des communautés où votre vécu est compris,

  • reconnaître vos limites sans honte.

Vous n’avez pas à être pédagogue en permanence.

9. Quand faut-il aller plus loin ?

Si les micro-agressions deviennent des discriminations avérées ou affectent votre santé ou votre carrière, des recours existent :

  • médiation interne,

  • RH,

  • Défenseur des droits,

  • inspection du travail.

Se protéger, c’est aussi savoir quand demander de l’aide.

Conclusion

Le validisme et les micro-agressions en entreprise sont souvent invisibles, mais leurs effets sont bien réels. S’en protéger, ce n’est ni être fragile ni conflictuel·le. C’est poser des limites, préserver son énergie et rappeler que le respect fait partie du cadre professionnel.

Conseil clé : vous avez le droit de travailler dans un environnement où vos aménagements ne sont pas remis en question en permanence.

Et si vous souhaitez évoluer dans des entreprises où l’inclusion ne repose pas sur votre capacité à encaisser, mais sur une culture réellement engagée, explorez les Vitrines Coline : des employeurs qui savent que le respect n’est pas une option.

Le 03/02/2026

À propos de l'auteur

Mathilde Murzeau

Journaliste spécialisée dans les questions de handicap invisible et d'inclusion professionnelle. Passionnée par les récits humains, elle donne la parole à ceux qui transforment le monde du travail par leur parcours unique.

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