L’employeur bénéficie-t-il d’aides en recrutant un salarié RQTH ?
C’est une idée très répandue chez les candidats concernés par une RQTH : “Si je parle de ma RQTH, je vais surtout coûter cher à l’entreprise.” Spoiler alert : c’est faux. Recruter un salarié reconnu travailleur handicapé n’est pas un frein économique pour l’employeur. Au contraire, il existe de nombreuses aides financières, techniques et organisationnelles destinées à faciliter le recrutement et le maintien dans l’emploi. Comprendre ces dispositifs permet aussi, côté candidat, de déconstruire certains clichés… et de se sentir plus légitime.
Sommaire
1. Pourquoi des aides existent-elles ?
Les aides liées au recrutement de salariés RQTH ont un objectif clair :
favoriser l’accès à l’emploi,
compenser d’éventuels surcoûts liés à l’adaptation du poste,
encourager les entreprises à recruter de manière inclusive.
Elles ne sont pas des “cadeaux”, mais des outils de politique publique pour rééquilibrer les chances et sécuriser les parcours professionnels.
2. L’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH)
En France, toute entreprise d’au moins 20 salariés est soumise à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés à hauteur de 6 % de son effectif.
Concrètement, l’employeur peut :
employer directement des salariés RQTH,
ou, à défaut, verser une contribution financière.
Recruter un salarié RQTH permet donc à l’entreprise de répondre à cette obligation et de réduire, voire supprimer, sa contribution.
Autrement dit : embaucher une personne RQTH n’est pas un coût supplémentaire, c’est souvent un choix économiquement rationnel.
3. Les aides financières à l’embauche
Selon la situation, l’employeur peut bénéficier de plusieurs aides financières.
Parmi les plus courantes :
aides à l’embauche de l’Agefiph (secteur privé),
aides spécifiques pour les contrats longs ou les CDI,
aides pour les contrats en alternance (apprentissage, professionnalisation).
Ces aides peuvent représenter plusieurs milliers d’euros et sont destinées à faciliter l’intégration du salarié.
Important : ces dispositifs évoluent régulièrement, mais ils existent bel et bien et sont largement mobilisés par les entreprises informées.
4. Les aides pour l’aménagement du poste de travail
L’un des freins perçus par les employeurs concerne parfois l’adaptation du poste. Là encore, des aides existent.
Elles peuvent financer :
du matériel ergonomique ou spécifique,
des outils numériques adaptés,
des aménagements organisationnels,
des prestations d’accompagnement.
Ces aides permettent de neutraliser le coût des adaptations nécessaires.
Côté candidat, cela signifie que demander un aménagement n’est pas “faire peser une charge” sur l’entreprise.
5. Les exonérations et allègements indirects
Au-delà des aides directes, le recrutement d’un salarié RQTH peut ouvrir droit à :
des exonérations ou allègements de certaines charges,
des avantages liés à la politique handicap globale de l’entreprise,
une meilleure valorisation RSE et employeur.
Ces éléments ne sont pas toujours visibles pour le candidat, mais ils font partie de l’équation économique côté employeur.
6. Ce que cela change pour vous, en tant que candidat
Comprendre l’existence de ces aides permet de :
réduire la culpabilité souvent ressentie lors d’une candidature,
répondre plus sereinement aux questions sur les aménagements,
rappeler que des solutions existent si le recruteur s’inquiète du “coût”.
Vous pouvez légitimement dire que des dispositifs existent pour accompagner l’entreprise, sans avoir à entrer dans le détail.
7. Attention aux idées reçues
Quelques mythes fréquents à déconstruire :
“Recruter une personne RQTH coûte plus cher.”
“Les démarches sont trop complexes.”
“Les aides sont impossibles à obtenir.”
Dans la réalité, de nombreux employeurs recrutent des salariés RQTH sans difficulté majeure, surtout lorsqu’ils sont accompagnés par les bons interlocuteurs (Agefiph, Cap Emploi, référent handicap).
8. Toutes les entreprises sont-elles informées ?
Non, et c’est là que le bât blesse.
Certaines entreprises :
connaissent mal les dispositifs existants,
surestiment les contraintes,
confondent handicap et inaptitude.
Ce manque d’information explique parfois des réticences… qui ne sont pas fondées sur la réalité.
Les entreprises les plus inclusives sont souvent celles qui ont pris le temps de se renseigner et de structurer leur démarche.
9. Ce que vous n’avez pas à faire en tant que candidat
Même si ces aides existent, vous n’êtes pas tenu·e de :
devenir expert·e des dispositifs,
convaincre l’employeur à tout prix,
justifier votre légitimité par des arguments financiers.
Votre rôle est de parler de vos compétences. Les aides sont un levier pour l’entreprise, pas une condition à votre valeur professionnelle.
Conclusion
Oui, l’employeur bénéficie bien d’aides financières, d’exonérations et de dispositifs d’accompagnement lorsqu’il recrute un salarié RQTH. Ces aides existent pour sécuriser les parcours, faciliter les aménagements et encourager l’inclusion.
Conseil clé : votre RQTH n’est pas un poids économique. Elle s’inscrit dans un cadre pensé pour rendre le recrutement plus simple, pas plus compliqué.
Et si vous souhaitez candidater auprès d’employeurs déjà informés et engagés sur ces sujets, les Vitrines Coline permettent d’identifier des entreprises qui connaissent ces dispositifs et les utilisent comme des leviers d’inclusion, pas comme des freins.
À propos de l'auteur
Mathilde Murzeau
Journaliste spécialisée dans les questions de handicap invisible et d'inclusion professionnelle. Passionnée par les récits humains, elle donne la parole à ceux qui transforment le monde du travail par leur parcours unique.
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