Que faire si mon employeur ne prend pas en compte ma RQTH ?
Vous avez une RQTH, elle est connue de l’employeur, et pourtant… rien ne change. Les aménagements promis ne sont pas mis en place, vos besoins sont minimisés, ou l’on vous répond que “ce n’est pas possible pour l’instant”. Cette situation est malheureusement fréquente. Bonne nouvelle cependant : vous n’êtes pas sans recours. La RQTH n’est pas un simple papier administratif, c’est un cadre qui ouvre des droits concrets. Encore faut-il savoir vers qui se tourner et comment agir.
Sommaire
1. Clarifier ce que signifie “ne pas prendre en compte la RQTH”
Avant d’agir, il est utile de préciser ce qui pose problème.
Cela peut être :
l’absence totale d’aménagement malgré une demande claire,
des aménagements partiels ou appliqués de façon irrégulière,
un refus sans justification,
une minimisation de vos besoins,
un discours du type “on verra plus tard” qui dure dans le temps.
Mettre des mots précis sur la situation permet de sortir du flou et d’agir de manière structurée.
2. Rappel important : la RQTH crée des obligations
La RQTH ne force pas un employeur à tout accepter sans discussion, mais elle l’oblige à étudier les besoins et à rechercher des solutions raisonnables.
L’employeur doit :
prendre en compte les recommandations du médecin du travail,
examiner les possibilités d’aménagement,
justifier un refus éventuel par des éléments objectifs.
Ignorer une RQTH ou refuser systématiquement sans dialogue peut constituer un manquement, voire une discrimination.
3. Premier réflexe : le référent handicap ou la mission handicap
Si votre entreprise dispose d’un référent handicap ou d’une mission handicap, c’est souvent le premier interlocuteur à solliciter.
Son rôle est de :
faire le lien entre salarié, management et RH,
expliquer les obligations de l’entreprise,
proposer des solutions adaptées,
sécuriser la mise en œuvre des aménagements.
Contacter le référent handicap permet souvent de débloquer une situation qui stagne par manque de coordination ou de compréhension.
4. La médecine du travail, un levier clé
Le médecin du travail est un acteur central dans la prise en compte de la RQTH.
Il peut :
évaluer l’impact du poste sur votre santé,
recommander officiellement des aménagements,
rappeler à l’employeur ses obligations,
proposer des ajustements concrets et réalistes.
Les préconisations du médecin du travail ont un poids important. L’employeur ne peut pas les ignorer sans raison sérieuse.
5. Repasser par les ressources humaines
Si le sujet est bloqué au niveau managérial, un échange avec les RH est souvent nécessaire.
L’objectif n’est pas de créer un conflit, mais de :
rappeler le cadre légal,
formaliser les demandes,
sécuriser une mise en œuvre dans la durée.
Une discussion RH permet aussi de sortir d’un face-à-face parfois inconfortable avec le manager.
6. Documenter la situation
Lorsque la RQTH n’est pas prise en compte, il est important de garder des traces, sans entrer dans une logique conflictuelle.
Conservez :
vos demandes écrites,
les réponses reçues,
les situations où les aménagements ne sont pas respectés,
les impacts concrets sur votre travail ou votre santé.
Cette documentation permet d’objectiver la situation si vous devez solliciter un tiers.
7. Et la MDPH dans tout ça ?
La MDPH n’intervient pas directement dans la relation avec l’employeur, mais elle peut :
réévaluer votre situation si vos besoins évoluent,
orienter vers des dispositifs d’accompagnement,
fournir des éléments utiles pour renforcer votre dossier.
En cas de dégradation de votre état de santé ou d’évolution du poste, un réexamen peut être pertinent.
8. Quand la situation devient problématique
Si malgré vos démarches, la RQTH continue d’être ignorée, la situation peut relever :
d’un manquement aux obligations de l’employeur,
d’une discrimination indirecte,
d’un risque pour votre santé.
Dans ce cas, d’autres relais existent :
médiation interne,
CSE,
inspection du travail,
Défenseur des droits.
Ces démarches ne sont pas excessives. Elles servent à rétablir un cadre protecteur.
9. Sortir de la culpabilité
Beaucoup de salariés hésitent à agir par peur :
de déranger,
d’être mal perçus,
de fragiliser leur position.
Rappel essentiel : demander la prise en compte de sa RQTH, ce n’est pas réclamer un privilège. C’est demander le respect d’un droit destiné à permettre de travailler dans de bonnes conditions.
Conclusion
Si votre employeur ne prend pas en compte votre RQTH, vous n’êtes ni impuissant·e ni isolé·e. Référent handicap, médecine du travail, RH, MDPH et autres acteurs existent pour vous aider à rétablir un cadre de travail compatible avec votre santé.
Conseil clé : ne restez pas seul·e face à une RQTH ignorée. Plus la situation est abordée tôt et de manière structurée, plus elle a de chances d’évoluer positivement.
Et si vous souhaitez travailler dans des entreprises qui prennent réellement la RQTH au sérieux, dès le départ, les Vitrines Coline permettent d’identifier des employeurs engagés, pour qui la prise en compte des besoins n’est pas une option, mais une pratique normale.
À propos de l'auteur
Mathilde Murzeau
Journaliste spécialisée dans les questions de handicap invisible et d'inclusion professionnelle. Passionnée par les récits humains, elle donne la parole à ceux qui transforment le monde du travail par leur parcours unique.
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