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Comment faire quand le sol se dérobe sous nos pieds ?

Annonce de la maladie
Le 18/02/2026 par Mathilde Murzeau
Clock4 min
L'article en bref

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Certaines annonces suspendent le temps : décès brutal, rupture, accident… ou maladie. En un instant, ce qui semblait stable vacille. Nos repères se fissurent, notre projection dans l’avenir change, et beaucoup décrivent une sensation très concrète : celle d’avoir le sol qui se dérobe sous leurs pieds.

« Le sol, c’est ce qui nous soutient sans qu’on y pense. Quand il disparaît, c’est toute notre sensation d’appui qui s’effondre », explique Céline Lévita, coach de dirigeants et thérapeute et créatrice du podcast Boodha en Basket.

Ces événements provoquent une rupture dans la continuité de notre histoire personnelle. « On ne se projette plus dans la même histoire. La version de soi que l’on connaissait devient incertaine. »

L’annonce de la maladie : le choc

Apprendre que l’on est malade déclenche souvent une sidération immédiate. Respiration suspendue, pensée ralentie, difficulté à comprendre : le corps se met en pause.

« Il y a une forme d’apnée. Comme si tout s’arrêtait. »

Cette réaction est protectrice. « Le système nerveux crée un brouillard temporaire pour éviter une surcharge émotionnelle. » Peur, tristesse ou injustice arrivent simultanément, et cette sidération agit comme une protection face à l’intensité du vécu émotionnel. La sidération n’est pas une faiblesse psychologique : c’est une réponse neuro-psychique normale et protectrice 

Dès l'annonce, beaucoup disent : “plus rien n'est comme avant". Car à la seconde où l'on est confronté à cette nouvelle réalité, avant même la peur ou la tristesse, il y a un moment où le psychisme n’a plus de cadre interprétatif. On n'a précisément plus de point de repère. L'imprévisibilité chamboule tout.

Se sentir seul, même entouré

Même accompagné, on peut se sentir profondément seul. 

« Personne ne peut ressentir ce qui se passe dans votre corps ou dans votre tête. »

Le vécu intérieur va souvent plus vite que les mots et il est difficile à partager. Les proches, eux aussi déstabilisés, peuvent chercher à rassurer trop rapidement. « Même avec de bonnes intentions, cela peut créer une distance. Donner l’impression qu’on n’est as compris dans l’intensité de ce que l’on vit dans l’instant »

Le changement de statut : devenir “la personne malade”, modifie également le regard des autres et peut renforcer l’isolement. Reconnaître cette solitude est essentiel : elle fait partie de l’expérience intime traversée.

Accompagner sans envahir

Ce qui aide le plus repose sur une présence qui accueille sans vouloir réparer immédiatement.

« Soutenir, ce n’est pas résoudre. C’est être là, au même rythme. »

Reformuler ce que l’on entend, nommer une émotion ou accepter le silence permet à la personne de se sentir reconnue. Lorsque les repères vacillent,si l'aide des autres ne nous aide pas, il est important de le nommer 'là j'ai juste besoin que tu sois là, pas de solution." ou "cette conversation est trop lourde pour moi". Des phrases simples peuvent aider à poser ses limites : demander une présence silencieuse ou repousser une discussion trop lourde.

Céline rappelle aussi que les proches ont besoin d’un espace pour déposer leurs propres peurs et sentiments d’impuissance, afin de ne pas, sans le vouloir, demander à la personne d’aller mieux pour alléger nos propres émotions difficiles

Retrouver un appui

Dans les premiers temps, vouloir aller mieux à tout prix peut ajouter de la pression.

 « S’autoriser à ne pas aller bien est déjà un soutien envers soi-même. »

Revenir à des ancrages simples : respiration et sensations corporelles, aide à stabiliser le système. Le soutien humain reste fondamental : professionnels, groupes de parole ou pairs.

« On ne traverse pas ce genre d’épreuve seul. »

L’écriture peut également désaturer l’esprit et permettre de prendre du recul. L’enjeu intérieur n’est ni d’être fort en permanence ni de se laisser engloutir, mais d’accueillir l’émotion sans la laisser tout diriger. La pratique de la méditation de pleine conscience peut également aider et permettre d’apprendre à accueillir le difficile sans se laisser emporter.

Traverser, un jour à la fois

Après une annonce bouleversante, rien ne presse. 

« Il n’y a rien à gérer tout de suite. Laissez le temps faire son travail. »

L’essentiel est de ne pas rester seul face à la souffrance.
Ces épreuves rappellent l’importance d’un écosystème de soutien humain et professionnel. 

C’est précisément la mission de Coline Care : offrir un cadre où personne ne traverse seul une rupture de vie, et soutenir un parcours centré sur l’humain.

« Mon mot de la fin : avancez, un jour à la fois. Ne vous en demandez pas plus. Surtout au début. »

Le 18/02/2026

À propos de l'auteur

Mathilde Murzeau

Journaliste spécialisée dans les questions de handicap invisible et d'inclusion professionnelle. Passionnée par les récits humains, elle donne la parole à ceux qui transforment le monde du travail par leur parcours unique.

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