Trouver une alternance quand on vit avec une maladie chronique
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Trouver une alternance est déjà un défi en soi. Lorsqu’on vit avec une maladie chronique et une RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé), ce parcours peut devenir encore plus complexe, mêlant doutes, choix stratégiques et besoin d’adaptation.
Noémie, étudiante en Master 2 et aujourd’hui alternante chez Coline Care, partage avec nous son expérience, entre difficultés, apprentissages et reconstruction.
Atteinte de spondylarthrite, une maladie chronique inflammatoire qui impacte son quotidien, notamment en période de crise, elle obtient sa RQTH dès 2017, juste après le bac, avec le soutien de ses parents.
« Ils ont anticipé pour faciliter ma vie professionnelle, notamment pour les stages et les alternances. »
Elle s’oriente vers un DUT GEA, mais son état de santé complique rapidement les choses.
Malgré cela, elle poursuit son parcours en IAE, où elle réalise un stage dans un grand groupe du BTP, puis décroche une alternance.
Premières expériences
Lors de cette première alternance, Noémie fait un choix stratégique : ne pas parler de sa RQTH.
« Je voulais qu’on voie Noémie, pas Noémie et la maladie. »
Elle redoute les jugements, les biais et le risque d’être réduite à son handicap : « J’avais peur qu’on me prenne pour un quota, qu’on ne voit pas mes capacités. »
Ce n’est qu’après plusieurs mois, une fois en confiance, qu’elle finit par en parler. Mais cette période est aussi marquée par des difficultés plus profondes.
« Je ne me connaissais pas encore assez. Je ne savais pas exprimer mes besoins. »
Au fil des mois, la fatigue s’accumule. Le manque d’aménagements aggrave la situation.
« Mon directeur n’avait pas vraiment pris la mesure de ma pathologie. »
Les conditions de travail deviennent progressivement plus difficiles, notamment en raison des trajets quotidiens, très fatigants. Noémie demande la mise en place de télétravail dans le cadre de sa RQTH.
Son responsable accepte d’en discuter avec la hiérarchie, mais la demande n’est pas traitée à temps, en partie parce qu’un accord interne limitait le télétravail pour les alternants.
Peu à peu, l’épuisement s’installe et son état de santé se dégrade :
« Fin de première année, j’ai fait un burn-out. J’ai dû m’arrêter pendant deux ans. »
Se reconstruire et apprendre à se connaître
Cette pause forcée devient un moment clé.
À son retour, Noémie change d’approche. Elle reprend ses études en Master RH, avec une spécialisation en inclusion.
Surtout, elle entame un travail essentiel sur elle-même : « J’ai appris l’importance de m’écouter, de communiquer, d’anticiper. »
Elle insiste sur un point fondamental :
« La connaissance de soi, c’est essentiel. »
Lorsqu’elle recherche sa nouvelle alternance, Noémie fait un choix différent, elle décide de mentionner sa RQTH sur son CV.
Un positionnement assumé, en accord avec ses valeurs :
« Je ne voulais plus en faire un tabou. Et si ça freine, tant mieux. »