Développée aux Etats-Unis dans les années 1960, la communication non violente permet d’instaurer des échanges bienveillants et constructifs entre les gens. Cette technique très utile en milieu professionnel aide aussi à évoquer des sujets douloureux à forte charge émotionnelle comme les traumatismes ou la maladie. Chaque parti peut ainsi exprimer son ressenti et ses besoins sans peur du jugement des autres.

Qu’est-ce que la communication non violente ? 

C’est à Marshall Rosenberg, psychologue américain que l’on doit la naissance dans les années 1960 de la communication non violente. Cet outil, inspiré des travaux du psychologue Carl Rogers voit le jour dans une Amérique plongée dans la ségrégation raciale. Il a alors pour but de favoriser la médiation et les échanges bienveillants entre les gens. 

Cette technique aussi connue sous le terme de CNV a très vite été enseignée et adoptée aux quatre coins du globe. Car elle assure des échanges sains, sereins et facilite la résolution des conflits. La communication non violente est ainsi fondée sur des principes de base tels que le respect de soi, des autres mais aussi l’observation des faits objectifs plutôt que le jugement.  La question du ressenti et des besoins personnels est aussi centrale dans cette technique. 

Voilà qui permet alors d’aborder des sujets sensibles dans tous les domaines de la vie, qu’ils soient personnels ou professionnels. 

Comment pratiquer la CNV ?

La communication non violente repose sur quatre principes fondamentaux. 

Observer sans juger 

Pour communiquer de façon bienveillante, la CNV repose sur un premier principe fondamental, celui d’observer une situation sans être dans le jugement. Il est ainsi impératif de se concentrer sur les faits plutôt que sur les préjugés. Avoir une vision objective de la situation aide ainsi à mieux comprendre le point de vue des différents partis impliqués. 

Identifier ses émotions 

Deuxième pilier central de la communication non violente : l’identification de ses émotions. Il est ainsi essentiel de se poser régulièrement la question « qu’est-ce que je ressens dans cette situation » afin de pouvoir prendre du recul sur ses émotions.  Cela permet ensuite d’exprimer son ressenti vis-à-vis d’une situation et de mieux accueillir la charge émotionnelle de certaines conversations.

Exprimer ses besoins

Vient ensuite le moment d’exprimer ses besoins vis-à-vis d’une situation au regard des émotions préalablement identifiées. La CNV doit ainsi permettre de parler sans honte ou peur du jugement des autres. Elle doit assurer la compréhension et le respect de ces besoins par autrui. 

Formuler sa demande 

Place enfin à la phase de la « demande ». Le moment est venu de formuler clairement une demande qui découlera logiquement des émotions et des besoins exprimés précédemment.  

La communication non violente permet ainsi un dialogue bienveillant autour de sujets complexes et sensibles. Ici, on ne formule pas de reproches ou de menaces, on se contente de parler d’une situation concrète en exprimant de façon claire un ressenti, une problématique autour d’une situation et un besoin ou une solution pour la résoudre.

Pourquoi est-ce particulièrement adapté quand on traverse un moment difficile ? 

Parler de l’épreuve que l’on traverse est souvent difficile car douloureux. Cela appuie sur des points sensibles qu’il s’agisse de la peur, de la honte, de la culpabilité, de la colère ou même de la tristesse. La charge émotionnelle est telle qu’il est parfois impossible de garder son calme. C’est particulièrement le cas lorsque l’on se trouve face à un interlocuteur qui ne nous apporte pas l’écoute ou les réponses que l’on attendait de lui.

Communiquer sans se laisser submerger par les émotions 

Utiliser la communication non violente aide alors à prendre de la distance avec la situation et à la regarder de façon plus objective. On se place dans une position où l’épreuve que nous traversons ne nous définit plus, elle est une réalité qui fait partie de notre vie, rien de plus. On peut donc en parler sans laisser les émotions prendre le pas sur les choses que l’on aimerait raconter.

Prendre du recul sur son ressenti pour mieux l’accepter

La CNV est également un formidable outil pour mieux comprendre ses besoins et attentes. Si elle est considérée comme une technique de communication, elle pourrait aussi s’apparenter à une véritable philosophie de vie aux vertus incroyablement thérapeutiques. Cette compréhension de nos sentiments, de nos besoins profonds qui ne sont pas satisfaits peut nous permettre de mieux comprendre les états émotionnels que nous traversons et donc, de les accueillir avec davantage de compassion. 

Affirmer ses besoins et canaliser son énergie 

Pratiquer la communication non violente est enfin l’occasion d’affirmer ses besoins et de soulever des problématiques concrètes. La CNV donne alors du poids à nos mots. Nous ne sommes plus dans la plainte, dans le reproche, mais dans l’exposition claire de faits desquels découlent des demandes. Elle nous permet alors de canaliser notre énergie, de ne plus nous perdre en divagations pour parvenir à formuler des demandes concrètes et appuyées.

Un outil thérapeutique sur lequel s’appuyer en toutes circonstances

La CNV est un donc un outil puissant et un soutien sans faille au quotidien pour exprimer son ressenti et affirmer ses besoins sans avoir à s’en excuser. Et cela fonctionne aussi bien dans le milieu professionnel, familial que dans le cabinet d’un professionnel de santé, endroit où il est parfois difficile de se faire entendre.